Base de données et cartes interactives 

de la Société d’histoire et de généalogie de l’île Perrot.

Historique des concessions, ventes et transactions diverses 

se rapportant aux 143 lots 

du premier cadastre de l’île Perrot effectué en 1817.

Informations générales

Le Terrier Françoise-Cuillerier est une œuvre collective créée par la Société d’histoire et de généalogie de l’île Perrot(SHGIP).

L’actuelle version du Terrier Françoise-Cuillerier comporte deux cartes interactives qui décrivent l’histoire de la seigneurie, de ses fiefs et identifie les propriétaires de chacun des 143 lots jusqu’en 1817.

Des cartes ultérieures sont envisagées, dont une qui permettrait d’identifier les propriétaires de lots jusqu’au cadastre de 1881.

Seigneuresse de l’île Perrot entre 1714 et 1751, Françoise Cuillerier a fait arpenter l’île Perrot ce qui explique l’aménagement cadastral actuel de l’île avec ses terres en ligne vers le lac Saint-Louis dans la Grande Anse et vers la rivière des Outaouais dans l’anse au Sable. Sur une période d’environ 36 ans, Cuillerier a concédé et vendu  quelque 90 terres de l’île Perrot par actes notariés.

Seigneurie :    En Nouvelle-France, le seigneur jouit, par autorité du roi et selon son titre, de l’autorité sur le territoire qui lui est concédé ainsi que sur tout ce qui en relève et sur ceux qui y résident. L’acte de concession précisait l’étendue du territoire et les pouvoirs conférés au seigneur. L’intendant Jean Talon, au nom du roi de France, a concédé l’île Perrot à François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, le 29 octobre 1672.

Fief : Terre ou droit que le seigneur concédait à un vassal sous condition de foi et d’hommage et en échange de services et d’obligations. Il y a eu quatre fiefs dans l’île Perrot : Brucy, Alexis, Moreau et Laframboise.

  • Brucy : Dans l’île Perrot, le fief Brucy a été concédé par François-Marie Perrot à Antoine Lafresnaye de Brucy en 1676. Ce fief a connu plusieurs propriétaires successifs jusqu’à la fin du régime seigneurial en 1854 : Céleron de Blainville, Jacques Charbonnier, Julien dit le Dragon, Philippe Larrivée-Delisle, Charles LePailleur de Voisy, Ignace Chénier, David Ross et Jean-Baptiste Quesnel.
  • Alexis : aussi appelé Desruisseaux, est la part d’héritage cédée par Josephte Trottier à son oncle Alexis Trottier dit Desruisseaux en échange d’une dot versée par ce dernier aux Ursulines de Trois-Rivières. Le fief couvrait d’abord la moitié de la Grande Anse. En 1729, il s’est étendu jusqu’au fief Brucy. La succession d’Alexis Trottier dit Desruisseaux l’a légué à Valentin Moreau en 1780. Le seigneur Thomas Dennis l’a réuni à la seigneurie en 1790 pour récupérer un prêt que ne pouvait rembourser Moreau.
  • Moreau : situé sur la rivière des Outaouais, près des rapides de Quinchien, il a été concédé à Valentin Moreau par Jean-Baptiste Leduc en 1780. Le seigneur Thomas Dennis l’a réuni à la seigneurie par adjudication judiciaire en 1791.
  • Laframboise : situé à Terrasse-Vaudreuil, ce fief a été concédé en 1780 par Jean-Baptiste Leduc à son fils Jean-Baptiste. Au décès de ce dernier en 1787, le fief est vendu à l’enchère à Louis Baby qui décède peu après. Jacques Franche dit Laframboise rachète le fief de la succession Baby en 1788. Son fils François en hérite en 1790. John Donégani en devient propriétaire en 1830. Une partie a été vendue vers 1853 à la compagnie du chemin de fer du Grand Tronc et le reste à François-Xavier Desjardins.

Concession :   Terre que le seigneur concédait à un vassal sous condition de foi et d’hommage et en échange de services et d’obligations. Dans l’île Perrot, le censitaire devait acquitter chaque année des cens et rentes à la Saint-Martin, le 11 novembre. Ceux-ci consistaient généralement en ½ minot de blé et un chapon par arpent de largeur du lot concédé.

L’île Perrot a été concédée en tant que seigneurie par l’intendant Jean Talon à François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, le 29 octobre 1672.

Les seigneurs subséquents sont :

1684 Charles LeMoyne et sa succession

1703 Joseph Trottier dit Desruisseaux

1714 Françoise Cuillerier

1751 Jean-Baptiste Leduc

1785 Thomas Dennis père

1792 Thomas Dennis fils et sa succession

1799 Gestion intérimaire de la seigneurie par les héritiers directs, puis indirects, de Thomas Dennis père et de Thomas Dennis fils.

1817 Partage de la seigneurie entre les descendants indirects des seigneurs Dennis : Régis-Maurice Mongrain à l’Est et Pierre-Amable Dézéry à l’Ouest.

1824 Gestions intérimaires d’Henry Ahern, puis de Jos D’Aoust pour la partie Est.

1834 Gestion par Amable Laflamme, époux d’Angélique Dézéry, pour la partie Ouest.

1854 Fin du régime seigneurial.

1855 Jos D’Aoust, premier maire.

1817 est l’année de conception du premier cadastre de l’île Perrot comportant 143 lots. C’est par un arbitrage que seront tranchées les conditions de transmission des titres seigneuriaux en 1817. Dans un long document de plus de 50 pages comportant un plan des concessions et une liste des cens et rentes, le 28 mars 1817 le notaire Doucet partage la seigneurie en deux parties de façon à assurer des revenus égaux à chacun des héritiers indirects et détermine les titres et les avantages honorifiques de chacun [Chartier : L’île Perrot 1765-1860, p. 82 à 84].

Ce premier cadastre complet de la seigneurie de l’Isle Perrot a servi de départ à la base de données du Terrier Françoise-Cuillerier.

Contexte : Le seigneur Thomas Dennis père décède en 1792. Lui succède son fils Thomas qui décède en 1797. Paul Dennis, frère de ce dernier, gère la seigneurie au nom des deux successions et décède d’un accident en février 1799. Les trois veuves, Marie-Anne Jourdain-Labrosse, veuve de Thomas Dennis père, Marie-Archange Campeau, veuve de Thomas Dennis fils, et Charlotte Munro, veuve de Paul Dennis, s’entendent pour léguer pour la seigneurie aux deux enfants mineurs de feu Thomas Dennis fils et d’Archange Campeau. En 1799, celle-ci épouse en deuxièmes noces Pierre-Amable Dézéry, mais perd en 1799 et 1802 ses deux enfants qui avaient hérité de la seigneurie.

En vertu des testaments de Thomas Dennis, père et fils, Archange Campeau et Marie-Anne Jourdain-Labrosse, son ex-belle-mère, deviennent cohéritières. S’ensuit un litige entre Jourdain-Labrosse et le mari de Campeau, Pierre-Amable Dézéry. Mère de Maurice-Régis Mongrain par son premier mariage, Jourdain-Labrosse veut protéger les droits de son fils à sa part d’héritage. Or, les deux femmes décèdent en 1806 et 1808.

Née à Lachine en 1684, Françoise Cuillerier était la fille de René Cuillerier dit Léveillé et de Marie Lucault. À 16 ans, elle épouse le marchand voyageur Joseph Trottier dit Desruisseaux, fils d’Antoine Trottier dit Desruisseaux et de Catherine Lefebvre dit Laciseray, de Batiscan.

Joseph Trottier dit Desruisseaux achète la seigneurie de la succession de Charles LeMoyne en 1703. Il fait construire le manoir seigneurial vers 1705 et le moulin à vent en 1707-1708. Il décède dans une embuscade lors d’un voyage de traite aux environs du lac Michigan au temps des fêtes 1713.

Françoise hérite de la seigneurie. Elle est tutrice de quatre enfants mineurs (Josephte devient ursuline à Trois-Rivières, Marianne épouse Marin Hurtubise, Françoise épouse Jean-Baptiste Leduc, et Joseph-Athanase, voyageur, est décédé après 1751). Pendant 36 ans, Françoise Cuillerier gère la seigneurie ; c’est le plus long terme d’un seigneur de l’île. À compter de 1716, elle recrute des censitaires et confirme des acquisitions pour un total d’environ 90 contrats de concession, d’échange, de reprise ou de vente de lots dans l’île Perrot. On lui doit le premier arpentage de la seigneurie qui détermine la configuration actuelle des terres de l’île Perrot.

Pour en apprendre plus sur la vie de la seigneuresse Françoise Cuillerier, visionnez la présentation de Louise Portal qui a raconté la vie de Françoise Cuillerier, dans un texte préparé par Lise Chartier et enregistré lors du grand banquet du 350e anniversaire de la seigneurie de l’île Perrot en 2022 : Suivez ce lien vers notre médiathèque, sous le titre « Louise Portal raconte l’histoire de Françoise Cuillerier ».

Le projet de créer un terrier est né à la suite des recherches effectuées sur l’histoire de l’île Perrot depuis 2003 par l’auteure Lise Chartier .

Les deux premiers ouvrages de la chercheuse, publiés en 2009 et 2014 aux Éditions Septentrion, L’île Perrot 1672-1765 et L’île Perrot 1765-1865, approfondissent l’historique des concessions des terres et des fiefs, retracent l’histoire des seigneurs depuis 1672 et décrivent la construction du moulin à vent et de l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal. Ces ouvrages présentent également les familles pionnières qui ont colonisé ce territoire insulaire et abordent la croissance démographique.

Entre 2008 et 2018, de nombreux autres bénévoles ont contribué aux recherches sur le terrier de l’île Perrot et à la numérisation d’actes notariés : Carole Bourbonnais, Manon Cyr, Michel Durocher, Murielle Gervais-Cyr, Linda Gorman, Rock Lessard, Michel-A. Ménard, Diane Montpetit, Andréanne Ostiguy et Lise Vézina. Ce travail a mené à la publication d’un premier terrier de l’île Perrot en 2014, suivi d’une révision en 2020, le tout basé sur l’historique des 143 lots identifiés en 1817.

En 2022, le chercheur René Valois reprend les recherches et depuis, poursuit la collecte d’actes notariés se rapportant aux concessions et ventes de lots ou terres à l’île Perrot.

Dans leur ensemble, plusieurs milliers d’actes notariés dont la collecte s’étend jusqu’à 1881 constituent une importante collection et banque de données de la SHGIP.

À partir de cette banque de données, l’historien Jérémy Scraire, appuyé du chercheur René Valois, a créé en 2022 un espace infonuagique baptisé « Groupe de recherche sur l’île Perrot », permettant de faciliter pour ses membres le partage d’expertise, l’accès des archives et des bases de données comme le Terrier Françoise-Cuillerier, ainsi que leur pérennisation.

Fort de ce travail et de la vision de Lise Chartier, Jérémy Scraire a guidé la création du projet « Terrier Françoise-Cuillerier » et donné forme aux premières cartes interactives qui en découlent. Jérémy Scraire et René Valois ont par la suite développé les premières cartes, décrivant la seigneurie, ses fiefs et concessions. Et sous la direction de Jérémy Scraire, leur contenu s’est également enrichi d’informations liées aux familles et aux références généalogiques tirées du PRDH.

Ont contribué à la programmation de la banque de données initiale : Emmanuel et Sébastien Caisse et les stagiaires: Boyao Xu et Florence Caron.

Catherine Viau a développé et mis en page une nouvelle version du site web de la SHGIP pour accompagner le lancement du projet du Terrier Françoise-Cuillerier.

Vous avez des questions ou commentaires sur le projet du Terrier Françoise-Cuillerier et ses cartes interactives.    Écrivez-nous : terrier@histoireperrot.org

Le plan cadastral de l’île Perrot en 1817

Plan du fief et seigneurie de l’Isle Perrot signé et paraphé au désir de mention faite en l’acte de partage de ce jour vingt-huit mars mil huit cent dix-sept. (signé) M. R. Mongrain. J. Dézery – J.O.S. Papineault – B. N. Doucet n. p. Signé Thomas Kirk. A. G.. – 9 mai 1925. Source : BAnQ ca301-s27no-42.tif